En 1957, alors que les frères Maserati avaient perdu le contrôle de la firme dirigée maintenant par la riche famille Orsi, l'A6 fut remplacée par la 3500 GT, qui fut bientôt épaulée par la très confidentielle 5000 GT. Ces voitures, carrossées par Touring, étaient au moins aussi exclusives que les Ferrari.

Le logo Maserati fut dessiné par un des frères Maserati. Habitant sur la grande place de Bologne, Mario trouva son inspiration de sa fenêtre : la fontaine de Neptune où le dieu antique des océans brandit son célèbre trident. Ce trident deviendra l'emblème de la marque.

C'est au cours des années 60 que Maserati connaîtra ses plus beaux jours et deviendra un concurrent sérieux de Ferrari. Ce combat singulier opposait deux voisins : Modène se situe à quelques kilomètres seulement de Maranello.

À partir de 1962, Maserati lance une série de modèles à succès qui passeront à la postérité : Sebring (1962), un coupé 2+2 succédant à la 3500 GT, Quattroporte (1963) une Sebring 4 portes, première véritable berline de Grand Tourisme, Mistral (1964) une coupé à hayon arrière entièrement vitré, Mexico (1965) une coupé 4 places dérivée de la Sebring, Ghibli (1966) une magnifique coupé succédant la Sebring qui allait inspirer la ligne de la Ferrari Daytona, Indy (1968) une coupé 4 places à hayon entièrement vitré concurrent de la Lamborghini Espada.

L'année 1968 marque l'apogée de la firme de Modène.

L'accord avec Citroën

Ce dynamisme, allié à une image forte de Grand Tourisme de prestige, convainc Citroën de s'emparer de Maserati. L'accord est conclu en 1968, un an avant la reprise de Ferrari par Fiat. Le rachat de Maserati par Citroën permet aussi au français de disposer d'un moteur V6 performant qui pouvait être monté sur la nouvelle coupé de prestige qu'elle préparait pour mars 1970 (la SM). À l'époque, le plus gros moteur Citroën était le 4 cylindres 2 litres injection monté sur les DS 21.

Maserati lança la Bora en 1971 pour contrer la Lamborghini Miura.

La Merak, lancée en 1972, était une Bora simplifiée et équipée du moteur V6 monté sur la Citroën SM. La Khamsin lancée la même année succédait à la Ghibli, et reprenait certains éléments de la Citroën SM, dont la direction à rappel asservi.

En 1974, Citroën est racheté par Peugeot qui refuse de reprendre Maserati. Redevenue indépendante, la firme de Modène est reprise par Alessandro De Tomaso en 1975. Celui-ci sort alors un modèle dérivé de la De Tomaso Longchamp dotée d'une calandre Maserati : la Kyalami.

Puis en 1976, est lancée la Quattroporte II qui succédait à la première du même nom. Toujours dessinée par Giugiaro (qui était devenu le carrossier exclusif de Maserati), cette berline 4 portes sera remplacée en 1994 par la Quattroporte III.

La production de Maserati qui oscillait autour de 500 unités par an de 1962 à 1966, atteignit 624 unités en 1967 et 733 en 1968, dépassant historiquement cette année-là les chiffres de Ferrari (730 unités). Puis cette production retomba à 600 unités par an avant d'atteindre un nouveau record en 1973 à 738 unités.

Après le choc pétrolier de fin 1973, la production retomba à 200 puis 300 unités par an, avant de se stabiliser à 500 au début des années 80.

En 1982, pour tenter de faire redécoller les ventes, la marque au trident lance un modèle 2 portes plus abordable, de la taille d'une BMW série 3 : la Biturbo. Ce modèle va permettre à la firme de Modène d'augmenter considérablement ses ventes pendant plusieurs années (5.333 ventes en 1983, 6.180 en 1984, 5.668 en 1985, 4.133 en 1986, 3.658 en 1987, 3.001 en 1988, 2.617 en 1989) et même de dépasser Ferrari, mais le prestige de la marque en souffrira quelque peu, car avec la Biturbo on était loin du Grand Tourisme de prestige.

Maserati retrouve son rival

Pour tenter de redorer un blason un peu terni, Maserati lance en 1989 la Shamal, une Biturbo plus puissante et d'allure plus agressive, puis la Ghibli II, un autre dérivé de la Biturbo. Ces modèles ne connaîtront qu'un succès d'estime.

La production de la firme de Modène oscille, depuis 1992, autour du millier d'unités par an. Ferrari produit trois fois plus, avec des modèles autrement plus sophistiqués.

En 1993, Alessandro De Tomaso, dont la santé déclinait, céda Maserati à Fiat. Maserati se retrouvait donc avec son ancien rival Ferrari au sein du groupe turinois. Une fusion des deux marques fut décidée en 1997.

En 1998, Maserati lance une nouvelle coupé, le 3.200 GT (nouvellement baptisée "Coupé"), dont Ferrari est en fait le maître d'oeuvre. Il entraîne le renouveau de la marque au trident. La firme vend 2.039 voitures en 2.000, 1.852 en 2.001 et 3.302 en 2.002.

L'importance croissante du marché américain entraîne des modifications sur les voitures (les feux arrière sur la GT). C'est une mauvaise nouvelle pour les puristes qui regrettent les feux en boomerang, mais c'est bon signe pour Maserati. Cela signifie en effet que la marque trouve sa place sur un marché vitale pour elle.

La firme voit désormais plus loin. La commercialisation de la nouvelle Quattroporte devrait accentuer plus avant son développement.

Cet article est tiré du site ZoneAutos.com

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