Lancia - Histoire de la marque
Vincenzo Lancia, ancien essayeur chez Fiat, créa la firme Lancia à Turin en 1906. Son premier modèle réunissait déjà les caractéristiques qui allaient devenir une tradition : classe, luxe, performances, innovation.

Inspiré par un oncle professeur de lettres et enseignant le grec, il la baptisa Alpha, première lettre de l’alphabet grec. Il faut noter qu’à cette époque la firme Alfa-Romeo n’existait pas encore, puisqu’elle naquit seulement en 1910 et donc il ne pouvait y avoir de confusion.
Cette façon de baptiser les modèles Lancia allait perdurer jusqu’à nos jours, quoique la lettre Alpha abandonnée dès 1909 ne fût jamais reprise et on devine aisément pourquoi. Les lettres Beta, Delta, Thêta, Gamma, Lambda, Kappa, Zeta, Epsilon, ont, à des époques diverses, nommé les modèles Lancia , ainsi que d’autres noms évoquant de belles patriciennes et des voies impériales : Appia, Aprilia, Astura, Artena, Augusta, Aurelia, Fulvia, Flavia, Flaminia, Dedra, Trevi, etc.
C’est le comte Biscaretti de Ruffia qui créa le légendaire écusson Lancia . Sobre et dépouillé, il tranchait sur la mode de l’époque. Un nom, un volant, un drapeau : tout était dit.
Les Lancia ont toujours réussi à se distinguer par leur élégance et leur raffinement. Ces voitures furent également les voitures officielles des dignitaires du régime de dictature entre 1922 et 1943, comme les Mercedes le furent en Allemagne. Cette connivence ne porta pas atteinte à la pérennité de la marque Lancia qui resta la marque préférée des bourgeois et aristocrates italiens.
En 1922, le modèle Lambda fut la première automobile à caisse autoporteuse. Cette invention fut inspirée par la structure des navires.
En 1937, le modèle Aprilia fut très novateur car sous une carrosserie aérodynamique, il annonçait les modèles à venir.
En 1950, la nouvelle Aurelia se fera connaître par ses victoires au Rallye de Monte-Carlo et aux 24 Heures du Mans.
La Flaminia remplaçait l’Aurelia en 1957, avec un caractère encore plus élitiste. Cette grande limousine luxueuse (la limousine diffère de la berline par ses six glaces latérales, alors que la berline n’en comporte que quatre) avait été dessinée par Pininfarina, qui travaillait déjà à cette époque pour Peugeot et Austin-Morris en particulier. D’où des analogies dans les lignes des Lancia Flaminia, Peugeot 404, Austin Cambridge, Morris Oxford, et leurs dérivés MG Magnette, Riley 4.72/6.85 et Wolseley 16.60/16.85.
La Flavia (1960) et plus encore la Fulvia (1963) démocratisèrent la firme Lancia . Ce furent les premières traction-avant de la marque. La Fulvia fut aussi victorieuse au Rallye de Monte-Carlo, comme le fut l’Aurelia son aînée. La Flavia fut produite à plus de 100.000 exemplaires, la Fulvia quant à elle dépassa les 300.000 exemplaires. Aucune Lancia n’avait encore atteint de tels scores.
En 1969, la firme Lancia passa sous le contrôle de Fiat.
En 1972, fut lancée la Beta qui prenait la suite de la Fulvia, et en 1976 la Gamma qui succédait à la Flavia. Ces voitures reprenaient pour la première fois des mécaniques Fiat. La Beta et sa version tricorps Trevi furent produites à plus de 400.000 exemplaires. La Gamma connut quant à elle une diffusion confidentielle (20.000 unités).
En 1979, la Delta élargit la gamme vers le bas. Cette voiture accumula six titres mondiaux en rallyes de 1987 à 1992. Elle demeure la voiture la plus produite chez Lancia : plus de 600.000 exemplaires à ce jour.
La Prisma lancée en 1982 était une version tricorps de la Delta. Elle fut fabriquée à près de 400.000 exemplaires.
En 1984, la Thema prit la suite de la Gamma et fut produite à plus de 300.000 unités.
En 1989, la Dedra succéda à la Prisma et fut produite à plus de 400.000 unités.
La version bicorps de la Dedra fut lancée en 1993 et succédait à la Delta, dont elle reprenait le nom.
Puis en 1994, la Kappa remplaçait la Thema, et le monospace Zeta couronnait la gamme.
En 1995, Lancia absorbait totalement Autobianchi au sein du groupe Fiat et sortit l’Epsilon sous sa propre marque. Ce modèle prenait en fait la suite de l’Autobianchi Y10 lancée en 1985 et se situait au-dessous de la Delta.
En 1999, Lancia lançait la Lybra qui succédait à la Dedra.
Au sein du groupe Fiat, Lancia demeure encore aujourd’hui la marque de luxe, comme Alfa-Romeo représente la marque sportive. Lancia se doit de conserver cette image : Innover sans se renier.
Les années 2000 sonnent le glas d'une époque paisible pour Lancia . Au même titre que le groupe auquel elle appartient, Lancia se porte au plus mal.
L'arrivée de la berline Thesis (2001) ne change guère la donne. Luxueuse et raffinée, elle représente merveilleusement le nouvel esprit de la marque mais ne répond pas aux objectifs des dirigeants.
Alors qu'il enregistre une baisse de 11,6 % de ses ventes en Europe en 2002 (par rapport à 2001), le constructeur transalpin tente de redresser une situation bien mal engagée.
Dans cette optique, Lancia espère profiter de l'arrivée de la nouvelle génération d'Ypsilon (2003). Elle est l'ultime recours d'une marque en péril. Les citadines réalisent en général un volume de vente important.
La petite Lancia , aux lignes originales, a des atouts pour séduire.
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