Aston Martin : Histoire de la marque
Cette illustre marque anglaise provient du mariage singulier qui unit le nom de la course de Côte d’Aston-Clinton à celui du fondateur de l’entreprise Lionel Martin.

Martin pilotait des voitures spéciales de sa fabrication et dès 1913, il obtint sa première victoire à la course de côte d’Aston-Clinton au volant d’une petite voiture hybride avec un moteur Coventry-simplex de 1.400 cm3 monté sur un châssis Issotta-Fraschini.
Dès 1908, le jeune Londonien Lionel Martin avait ouvert un atelier de réparation à KENSINGTON en association avec un ami Robert Banford. Lorsqu’ils obtinrent la représentation des voitures Singer, ils devinrent bientôt spécialistes dans la préparation sportive de la Singer Ten qu’ils proposaient sous la marque B&M. Banford se retira de la société et Lionel Martin put poursuivre grâce au soutien financier du comte Louis Vorov Zbrowski, riche polonais qui fut un sportif connu et un mécène de l’automobilisme anglais.
Malgré les bons résultats obtenus sur le plan sportif, les résultats commerciaux d’Aston Martin furent tout à fait négatifs, à tel point que Vorov Zbrowski envisagea de retirer sa participation financière. Mais sa décision définitive ne fut jamais connue car il se tua en 1924 au volant d’une Mercedes sur l’autodrome de Monza.
À ce moment, l’entreprise se trouva au bord de la faillite.
Elle fut sauvée momentanément par l’intervention de la famille Benson. Celle-ci, après avoir acheté la majorité des actions laissa à Lionel Martin uniquement la direction technique. Cette tentative de sauvetage fut inutile : l’entreprise fut mise en liquidation en 1925 et fut reprise en octobre 1926 par Augusto César Bertelli. D’origine italienne, il avait été le mécanicien de Lancia sur les Fiat de course avant de faire fortune dans le monde automobile britannique comme ingénieur et comme pilote.
Bien que Lionel Martin ne fut plus présent dans l’entreprise, Bertolli eut le flair de ne pas changer la dénomination.
Et après
Aston Martin débute dans l'entre deux guerres. La firme produit alors des roadsters surpuissants, exclusifs, achetés par les plus grands princes et rois du monde entier. Mais la Seconde Guerre Mondiale, et la mobilisation de l'usine pendant de nombreuses années, faillirent bien être fatales au constructeur, qui se vit racheter par le tractoriste anglais de l’époque, David Brown. Dés lors, Aston Martin prit une tout autre dimension.
David Brown avait pour ambition de créer sa voiture de sport, s'approchant du concept italien du Grand Tourisme, alors très en vogue. Dans la foulée , il racheta Lagonda, une autre marque anglaise qui avait longtemps collaboré avec Bentley et possédait un joli moteur d'origine Bentley, digne d'intérêt pour une Grand Tourisme à l'anglaise, sous la marque Aston Martin. Le modèle en question sortit en 1950, s'appelait la DB2 ( D B pour David Brown ) et son caractère exclusif dans le paysage automobile pourtant très riche en cette période lui assura la succès .
Tous les autres modèles allaient suivre cette voie du Super "Grand Tourisme à l'anglaise", et cela jusqu'à aujourd’hui, avec la DB7. Lagonda est depuis longtemps préposé aux berlines, avec une futuriste grande limousine sortie en 1976 qui ne fut malheureusement pas relayée par la splendide étude de style présentée en 1990. On peut retenir qu'une version quatre portes ou break de l' Aston Virage est toujours disponible, sous la marque Lagonda, moyennant un supplément de 1.5 million, ajouter au prix d'une "simple" Virage (comptez environ 1 million).
Dans le futur, la marque ne restera certainement pas inactive, au vu des derniers événements dans le très haut de gamme automobile. Volkswagen semble bien décidé à faire de ses multiples filiales luxe (Audi - Lamborghini - Bentley - Bugatti) un must automobile. Son rival, Ford, à qui appartient depuis 1987 Aston Martin, ne restera pas les bras croisés. On peut logiquement espérer de forts beaux modèles, dont pourquoi pas une DB 7 V12 (Juillet 1999 : c'est fait NDLR) une nouvelle virage, et surtout une Lagonda pour clouer le bec à BMW ( Rolls Royce ), et à Volkswagen ( Bugatti et Bentley ). La reine roulerait elle en Lagonda un jour ? Pourquoi pas. Il vaut mieux rouler un tant soit peu américain que dans une "voiture du peuple".
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