Jaguar - Histoire de la marque
La firme Swallow Sport Cars (S.S. Cars) a été fondée en 1922 par Sir William Lyons à Coventry. Cette firme se spécialisa dès 1926 dans la production de voitures de sport, puis dans celle de voitures de classe. S.S. Cars fut rebaptisée Jaguar après la guerre

En 1948, Jaguar présente la magnifique coupé XK 120. Cette coupé vécut jusqu'en 1954, date à laquelle elle fut remplacée par le XK 140. Celui-ci fut à son tour remplacé en 1957 par le XK 150. Le type E lui succéda en 1961. Il était directement inspiré du prototype de course du même nom.
Ce prototype avait pris la suite des types C et D, qui avaient connu leurs heures de gloires sur les circuits de compétition dans les années 50, notamment en remportant les 24 Heures du Mans en 1951, 1953, 1955, 1956 et 1957.
Le Jaguar type E fut produite à 75.000 exemplaires de 1961 à 1975. Sa ligne longue et basse, caractérisée par un capot très long, est un des grands classiques de l'automobile. Le type E fut remplacé par la XJS en 1975, qui fut produit à plus de 100.000 exemplaires de 1975 à 1995. Le très beau XK 8 lui succéda en 1996.
Des limousines Jaguar
Jaguar produisit aussi des limousines. En 1950, la MK VIII prenait la suite des MK VII d'avant-guerre. Cette voiture aux rondeurs voluptueuses allait inspirer les Mercedes 300 et les BMW 501. Elle fut remplacée par la MK IX en 1955, qui conservait la même carrosserie à peine modifiée. Cette voiture fut remplacée à son tour en 1961 par la limousine MK X qui arborait une toute nouvelle carrosserie, très large et basse. La MK X fut, comme les MK VIII et IX, produite en peu d'exemplaires. Elle disparut en 1971, et ne fut pas remplacée. Les limousines Jaguar demeurent aujourd'hui encore des automobiles très recherchées.
Jaguar produisit enfin des berlines. La première berline d'après-guerre sortit en 1955. Baptisée MK I, elle démocratisa la firme de Coventry, et remporta de nombreuses victoires dans les Rallyes de la fin des années 50 et du début des années 60. Elle fut modernisée en 1959, et devint à cette occasion MK II. Produite à 130.000 exemplaires de 1955 à 1968, cette voiture fut remplacée par la nouvelle XJ6 en 1968. La XJ6 (à moteur 6 cylindres) et la XJ12 (à moteur 12 cylindres) présentée en 1972 demeurent de grands classiques de la firme Jaguar , et surtout le modèle le plus produit de la firme de Coventry : plus de 800.000 exemplaires depuis 1968. Le modèle fut restylé plusieurs fois, avant une refonte complète de la carrosserie en 1986. La XJ est encore produite, mais la version 12 cylindres a disparu en 1997, tandis qu'apparaissait une nouvelle version XJ8 à moteur 8 cylindres.
Jaguar et Daimler
Jaguar racheta la firme britannique Daimler en 1960. Daimler est une lointaine cousine de la firme allemande qui fusionna avec Benz en 1926. Depuis ce rachat, Daimler produit les berlines Jaguar avec une calandre et une finition spécifiques, mais non les coupés et cabriolets. Daimler produisit aussi des limousines spécifiques (en très petite quantité) jusqu'en 1988.
En 1966, Jaguar -Daimler rejoint le groupe B.M.C. (British Motor Corporation) qui réunit les marques Austin, Morris, MG, Riley, Wolseley, Vanden Plas. Ce groupe ayant fusionné en 1968 avec Leyland, pour devenir B.L.M.C. (British Leyland Motor Corporation), Jaguar -Daimler en devient une des composantes.
La crise pétrolière et le B.L.M.C.
Le groupe B.L.M.C. va connaître dans les années 70 de graves difficultés, dues surtout à une extension du nombre de grèves du personnel de l'entreprise, au choc de la crise pétrolière de 1973/1974, à une politique de gamme incohérente, à une grande difficulté de gérer autant de marques différentes, à des problèmes de qualité et à l'insuccès de certains modèles, à un manque de rationalisation du au pouvoir des baronnies au sein de chaque marque.
Au bord du dépôt de bilan en 1975, le groupe est nationalisé en catastrophe par le gouvernement travailliste. La rationalisation commence alors dans tous les domaines. Plusieurs marques disparaissent : Wolseley en 1975, MG en 1980, Morris en 1983, Triumph en 1984. Riley et Vanden Plas avaient déjà disparu avant la nationalisation.
Jaguar -Daimler semblait condamné. Le groupe B.L.M.C. est privatisé en 1984 par le nouveau gouvernement conservateur, et devient Austin-Rover Group, puis Rover Group.
Et après
La même année, Jaguar -Daimler, sauvée in extremis, sort du groupe pour redevenir autonome, avant d'être rachetée par le constructeur américain Ford en 1989.
Depuis lors, Jaguar peut voir l'avenir avec confiance. La décision la plus importante et très judicieuse a été celle de descendre en gamme, afin de proposer des modèles moins chers et concurrents des BMW Série 5 et Mercedes Classe E, les Jaguar XJ ne pouvant prétendre qu'à concurrencer les BMW Série 7 et Mercedes Classe S. La concrétisation de cette décision est le lancement de la S-Type en 1998.
Le présent de Jaguar
Le Mondial de l'Automobile de Paris en 2002 est l'occasion pour Jaguar de présenter la septième génération de son emblématique XJ.
Après 34 ans de bons et loyaux services auprès de sa majesté, elle s'offre une grosse cure de jouvence.
Avec 2.363 voitures vendues en France en 2002, la firme anglaise a déjà établi un record et cela malgré la cannibalisation qui sévit entre les modèles de la marque. En effet, la petite X-type (lancement en 2001) et sa grande soeur S-type se livrent une concurrence féroce. Un scénario irréaliste.
Jaguar doit encore faire ses preuves pour sortir du statut d'artisan.
Les 15 derniers articles publiés sur notre Blog :

