Au sein de ce groupe, la firme Chrysler proprement dite était dévolue aux modèles les plus chers. La marque Chrysler atteignit son apogée avec les magnifiques Imperial 1931-1933. Mais l'Airflow de 1934, modèle d'avant-garde très aérodynamique qui allait inspirer entre autres la Peugeot 402, fut le premier échec commercial de Chrysler, qui eut pour conséquence de décourager le groupe de lancer des modèles avant-gardistes pendant de longues années. La nouvelle Airstream de 1935 avait de ce fait une ligne beaucoup plus conventionnelle.

C'est en 1939 que naquirent les séries New Yorker, Windsor et Saratoga, dont les noms allaient se perpétuer pendant des décennies. Ces dénominations s'ajoutaient aux séries antérieures Royal et Imperial. En 1949, le nom Royal sera repris par Dodge pour sa série «standard». La même année, le styliste Virgil Exner entre chez Chrysler, après avoir travaillé chez Studebaker. Celui-ci allait donner un nouveau style aux Chrysler des années 50 : lignes élancées et surbaissées d'une grande élégance, avec des combinaisons de couleurs étonnantes. Ces modèles allaient très vite démoder les lignes pataudes des concurrentes Ford et General Motors. La série « standard » de Chrysler, qui allait inaugurer la ligne ponton (sans ailes apparentes) en 1948, allait être produite à plus de 5,3 millions d'unités jusqu'à nos jours, puisque la New Yorker est toujours produite, après de nombreux changements de carrosserie.

Fin 1954, le modèle Imperial devint une marque à part entière qui allait lutter à armes égales contre les Lincoln et Cadillac. La Chrysler 300 naquit au même moment : il s'agissait d'une grosse coupé ornée d'une calandre d'Imperial et munie du plus puissant moteur de série de l'époque (300 ch, d'où son nom). Ce modèle allait lancer la course à la puissance tout au long des sept ou huit années suivantes, course qui sera brisée net par les premières réglementations concernant la pollution et la sécurité.

En 1975, la firme Imperial disparaît, victime de la crise pétrolière de 1973/1974, et de l'absence d'un modèle de plus petit gabarit pouvant concurrencer la Cadillac Seville. La firme Chrysler devient alors le haut de gamme du groupe Chrysler. En tout, les Imperial furent produites à 0,4 million d'unités. Autant dire qu'elles sont devenues extrêmement rares.

Dans les années 70

En 1975, Chrysler lança la coupé Cordoba (dérivée de la Dodge Charger) qui connaîtra peu de succès (0,2 million d'unités) et sera abandonnée dès 1983. En 1977, alors que Plymouth et Dodge sortaient leur première subcompacte (Horizon et Omni), la firme Chrysler présenta sa première « intermédiaire » pour tenter de relancer ses ventes. Les années 1974/1975 avaient en effet été terribles pour le groupe Chrysler qui se trouvait deux ans plus tard au bord de la faillite. Cette nouvelle intermédiaire, baptisée Le Baron (nom repris d'une ancienne série d'Imperial), dérivait simplement des Plymouth Volare et Dodge Aspen.

Ce nouveau modèle devait en théorie entrer en concurrence avec la Cadillac Seville sortie deux ans plus tôt. Il connut un certain succès, ce qui incita Chrysler à perpétuer cette série, avec une nouvelle mouture dérivée des Plymouth Reliant et Dodge Aries, puis en 1987 avec des coupés/cabriolets qui furent appréciés jusqu'en Europe. Les Le Baron furent fabriquées en tout à 1,8 million d'unités jusqu'en 1994, date de leur retraite, chiffre tout à fait honorable pour ce type de modèle. Le successeur de la Cordoba et des coupés Le Baron sera la Sebring (0,2 million d'unités), lancée en 1994, sur une plate-forme Mitsubishi et proche de la coupé Dodge Avenger, sortie la même année.

Chrysler tenta de renouer par deux fois avec l'esprit Imperial, en lançant en 1980, une coupé ultra-luxueuse dérivée de la Cordoba, avec la calandre typique de la firme défunte, et dénommée Imperial, qui connut une carrière aussi brève que confidentielle, puis en 1983, en lançant de nouvelles berlines Fifth Avenue et Imperial, toujours ornées de cette calandre traditionnelle, qui étaient dérivées des très démocratiques Plymouth Reliant et Dodge Aries. Elles réussirent à trouver 0,6 million de clients, soit plus que la totalité des modèles produits par la marque disparue. Mais on était très loin des lignes extravagantes et grandioses des Imperial des années 50 et 60. Après cela, on n'entendit plus jamais parler d'Imperial.

Chrysler remplaça les berlines Le Baron par la Concorde en 1992 (0,4 million d'unités). Cette voiture dérivait de la Dodge Intrepid sortie la même année. Plymouth avait été privé de cette série, conséquence de la fusion des réseaux Plymouth-Chrysler décidée quelques années auparavant. La Concorde, qui a donné naissance à la nouvelle série New Yorker (appelée aussi LHS) est encore produite de nos jours. En 1994, elle était épaulée par la Cirrus, sorte de Concorde en réduction. Cette Cirrus (0,2 million d'unités), qui dérivait de la Dodge Stratus, abordait un nouveau marché pour la firme Chrysler, celui des compactes. Plymouth en avait été privé également sur le moment pour les mêmes raisons que celles concernant l'absence d'une intermédiaire (avant de proposer la Breeze, soeur jumelle de la Stratus, l'année suivante).

La firme Chrysler proposa également un dérivé luxueux des monospaces Plymouth Voyager et Dodge Caravan présentés en 1983, baptisé Town and Country, en souvenir d'une ancienne série datant des années 40. Mais ce monospace demeura marginal. Par contre, à partir de la fin 1999, Chrysler hérita du Plymouth Voyager, sous le nom de Chrysler Voyager, suite à la suppression de la marque Plymouth.

Cet article est tiré du site ZoneAutos.com

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